Pour notre deuxième journée sur la route, destination la cité des rois où le groupe June & the Jones nous a donné rendez-vous pour une session Ricoré dans, je vous le donne en mille, un petit château. Au programme de cette journée couronnée (oh oh) de succès : une session en famille, du matos qui ne marche pas, de la musique aérienne et des génériques de génériques de dessins animés.



La première scène de la journée est sublime : Il est 13.00 et il fait presque 25° (normal, on est en décembre). Nous roulons vers Fontainebleau (sous préfecture de Seine et Marne, 14 908 hab. dixit Wikipedia) quand soudain Romain – notre ingénieur du son – s’écrie en regardant par la fenêtre : « Je viens souvent par ici…. C’est là que sont mes me
illeurs spots de pêche 
». Les fans de rock et de virée à la Spinal Tap en auront pour leur argent. Une tournée Ricard S.A. Live Music c’est donc beaucoup de câbles, un peu de sueur, dix groupes finalistes à filmer et un peu de pêche à la ligne. Apres tout, pourquoi pas.

La deuxième scène est pas mal non plus : enfin arrivés à Fontainebleau, nous découvrons le lieu choisi par les finalistes du jour, June & the Jones, pour leur session. A deux pas du célèbre château des Rois de France, et caché derrière un gigantesque portail, une sorte de petit manoir reconverti en… studio (baptisé le studio Firgun, ndlr). On a beau l’écrire à chaque fois, la vie sur la route c’est un peu comme une boite de chocolat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Bref. Derrière les grilles, le groupe au complet nous attend sur le perron, déjà installé, dans un cadre qui rappellerait presque les publicités Ricoré des années 80. Manque plus que le chien arrivant au ralenti, ah bah non, au temps pour moi, il est là aussi. Et n’oublions pas non plus un improbable mouton en plastique que Rod Maurice, pour tuer le temps, s’amuse à tripoter. Aucune blague zoophile ne sera acceptée, merci.

Formé voilà quelques mois, le groupe June & the Jones a déjà à son actif un premier mini-tube qui a pesé lourd dans la balance au moment de leur sélection. On apprend au passage qu’ici la musique c’est avant tout une histoire de famille, puisque trois des membres sont frères et sœur. Il y a les deux garçons (les Jones) et une chanteuse (June), logique. Ils viennent du milieu jazz acoustique, ont débuté en faisant des reprises et le choix du lieu, comme ils l’avouent en se marrant, est un pur hasard. Félicités par les patrons du studio-château après qu’ils aient été sélectionnés dans le top 100, les membres du groupe – pas bête –  en profitent pour demander s’ils peuvent squatter le lieu le temps d’une session. Banco. « On voulait tourner la session dans un endroit familial qui colle à notre morceau plutôt aérien ». Pause dans le récit. Permettez-moi de revenir l’espace d’un instant sur l’un des adjectifs les plus utilisés ces dernières années par les groupes pour décrire – à tort ou à raison – leurs musiques.

Aérien (définition approximative extraite du Larousse) : Se dit de l’ensemble des conduits (larynx, trachée, bronches) par lesquels l’air parvient au poumon, mais peut aussi qualifier un être léger et insaisissable comme l’air (ex : « Daniel Balavoine a eu une mort aérienne »). Musicalement parlant, s’emploie majoritairement pour décrire les envolées mélodiques de musiciens cuisinant leurs parties de guitares comme un soufflet à l’hélium grâce à la magie des pédales d’effets (ex : « j’ai maté un live de U2 à Fender-sur-Oise et c’était trop de ouf comme la guitare de The Edge était trop aérienne MDR »)

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Retour au direct. Déjà deux heures que nous sommes installés en extérieur, à attendre que l’installation soit terminée. Premier problème : le matériel d’enregistrement fait des siennes et la session patine. Deuxième hic : nous sommes en hiver et le soleil commence à se coucher, avec à l’horizon un problème de taille. Enregistrer au plus vite ou être obligé de trouver un plan B – et devoir tout recommencer à zéro. Tic tac tic tac. Compte à rebours enclenché, petit stress et comme dans les meilleurs films de Bruce Willis, petit coup de canif miraculeux dans la bécane qui permet de tout réparer et mise en boite du bien nommé morceau Wild, qui vient clôturer une journée imprévisible…

Et c’est pas fini. « Hey les mecs, vous connaissez les génériques de générique ? » nous demande Adrien, alors que la voiture roule vers Paris. Non, kezako ? « C’est trop golri, c’est un disque de reprises de génériques de dessins animés samplés en boucle ».

Dix minutes plus tard et trois morceaux débiles plus loin parmi lesquels Denver le Dinosaure en mode free party, on aurait presque envie que la journée se finisse dans le silence d’une partie de pêche. La boucle est bouclée. Vivement demain qu’on retrouve le groupe The Accident dans un skate park de Chelles. Vivement demain qu’on retrouve le groupe The Accident dans un skate park de Chelles. Vivement demain qu’on retrouve le groupe The Accident dans un skate park de Chelles. Vivement demain qu’on retrouve le groupe The Accident dans un skate park de Chelles.


TROIS QUESTIONS EXPRESS À JUNE AND THE JONES


Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à vous inscrire au Prix Ricard S.A. Live ?

Le groupe : Le pognon ! Plus sérieusement, on vient d’enregistrer nos premiers morceaux et on réfléchit depuis quelques mois à comment se lancer professionnellement. Le Graal ultime, ce serait de tourner avec le groupe et d’arriver à vivre de notre musique, continuer le plus longtemps possible.

Parmi les autres groupes finalistes, y’en a-t-il qui ont retenu votre attention ?

Le groupe [un peu hésitant] : On en a écouté pas mal ces derniers jours et on peut citer Straybird, Be Quiet et Minors, un groupe acoustique avec plein de musiciens.

On ne vous sent pas complètement convaincu : vous ne souhaitez le succès d’aucun de ces groupes ?

Le groupe : Non pas vraiment, ah ah !

Bon alors du coup quel est votre argument choc pour séduire le jury ?

Le groupe : Le fait qu’on soit frères et sœur…. Et l’appât du gain ! Et puis on fait de belles chansons, aussi.

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Photo : Rod Maurice