Chronique du premier album de Pendentif

Chronique

Pendentif est un groupe qui a toujours pris son temps. Là où certains se pressent, obnubilés par l’idée de frapper le fer tant qu’il est encore chaud, le groupe français, lui, préfère y aller doucement, travaillant ses mélodies tel un orfèvre, laissant les mauvaises idées se diluer dans le temps pour n’en garder que les meilleures. Il en aura fallu ainsi de la patience avant de pouvoir écouter ce très attendu premier album de Pendentif qui nous ravit déjà depuis plusieurs années de ses singles incroyables, bourrés de charmes et transpirant l’intelligence pop.

On a tellement attendu Pendentif – une attente à la hauteur des espoirs qu’on plaçait en eux –, qu’on avait peur que ses singles mirobolants, tels que Riviera, finissent par disparaître de l’histoire. Des gens allaient découvrir Pendentif sans connaitre leur magnifique premier EP. Cela faisait un peu bizarre, et les fans que nous sommes ne savaient pas ce qui serait le mieux : un album qui reprendrait tous les anciens titres du groupe, mais qui nous frustrerait par le manque de nouveauté ; ou un album qui n’en contiendrait que des nouveaux, mais qui empêcherait de considérer la merveille Pendentif dans son ensemble.

C’est la deuxième solution qui a été retenue et, en écoutant l’album dans son intégralité et en se replongeant dans le parcours de Pendendif, on réalise que c’est la bonne. Sur ce premier album, on retrouve ainsi trois des titres de l’EP : « Riviera », « Pendentif » et « God Save La France » (seul manque « Les Villes » titre qu’on adore pourtant) ; ainsi que les deux titres du single du Disquaire Day : les succulents « Embrasse-moi » et « Jerricane ».

Au  niveau des nouveautés,  c’est encore une avalanche de singles potentiels. Une chanson comme « Panache » regarde fièrement la pop anglaise, de celle des années 80 à celle de Franz Ferdinand, et lui répond qu’en France aussi on sait danser, et en français qui plus est.

La basse est chaude, presque funk sur « Boulevard du crépuscule » et Pendentif arrive encore à surprendre, se montrant toujours plus sensuel, plus mélodique et plus dansant. Le groupe peut tout se permettre, même les mélodies de clavier les plus kitsch possibles sont anoblies par leurs édifices pop, et par la démonstration de force de la chanteuse Cindy Callède.

« Mafia Douce »… c’est donc de ça qu’il s’agit : prendre le contrôle des villes en douceur.

À propos de l'auteur :
Benjamin

Cofondateur de Playlist Society (revue culturelle et maison d'édition), Benjamin est le responsable éditorial de Société Pernod Ricard France Live Music depuis 2008. En 2015, il a publié "Le renoncement de Howard Devoto", une bio-fiction, à la gloire du fondateur des Buzzcocks et de Magazine, qui retrace la genèse du mouvement punk en Angleterre.

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